Unlocking Value from Existing Customers and Assets

Introduction : L’illusion de croissance

Dans les conseils d’administration canadiens, la croissance est encore trop souvent assimilée à l’expansion. Nouveaux marchés, nouveaux clients, nouvelles gammes de produits : voilà les leviers visibles du progrès. Pourtant, derrière cette quête se cache une opportunité plus discrète et plus immédiate : valoriser les ressources existantes des organisations. Comme l’a souligné Mark Carney, les systèmes économiques modernes sont de plus en plus caractérisés par la complexité et les interdépendances cachées, où la valeur est souvent masquée plutôt qu’absente (Carney, 2020). Dans un tel contexte, la question n’est plus simplement de savoir comment croître, mais comment capter pleinement la valeur économique déjà présente dans les clients, les actifs et les opérations existants.

Étude de cas canadienne : De l’échelle à la valeur

Prenons l’exemple de Loblaw Companies Limited, le plus important détaillant alimentaire du Canada. Au cours de la dernière décennie, Loblaw n’a pas misé uniquement sur l’expansion de son réseau de magasins pour améliorer sa performance. L’entreprise a plutôt optimisé la valeur de sa clientèle et de son infrastructure existantes. Son programme de fidélité PC Optimum, par exemple, a transformé les relations transactionnelles en un engagement fondé sur les données, permettant ainsi une tarification ciblée, la vente croisée et une meilleure valeur client à vie. Parallèlement, les marques maison comme President’s Choice et No Name ont accru leurs marges en internalisant la création de valeur.

De même, Shopify Inc. a démontré qu’il est possible de créer de la valeur non seulement en acquérant de nouveaux marchands, mais aussi en optimisant la monétisation au sein de son écosystème existant. Grâce à Shopify Payments, Shopify Capital et ses services de traitement des commandes, l’entreprise a augmenté son revenu par client sans modifier fondamentalement sa clientèle principale. Ce qui apparaît comme une diversification est en réalité une stratégie structurée de création de valeur.

Ces exemples illustrent un principe plus général : La croissance ne provient pas toujours de l’augmentation des efforts ; elle provient souvent de l’amélioration de l’utilisation des ressources existantes.

L’équation de la valeur cachée

Malgré ces exemples, de nombreuses organisations peinent à reproduire de tels résultats. La raison n’est pas un manque d’opportunités, mais un manque de visibilité. L’information financière traditionnelle offre une vision nécessaire, mais incomplète, de la performance. Le compte de résultat agrège les résultats, le bilan présente des situations statiques et le tableau des flux de trésorerie résume les variations. Ce qu’ils omettent souvent de révéler, c’est où la valeur est créée, où elle est détruite et où elle reste inexploitée.

Des recherches suggèrent que les entreprises qui effectuent des analyses financières et des évaluations d’investissement rigoureuses surpassent leurs concurrentes de 15 à 20 % en matière d’efficacité du capital (Harvard Business Review, 2018), tandis que des processus de gestion financière structurés sont associés à une croissance plus rapide et plus résiliente (OCDE, 2022). Ces résultats confirment une observation essentielle : VLa création de valeur est une fonction de la discipline financière, et pas seulement d’une intention stratégique.

Illustration d’Avanguard : Quantifier la valeur cachée

Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple d’un modèle financier simplifié d’une entreprise de services canadienne de taille moyenne :

 

Métrique Situation actuelle Scénario optimisé
Revenu 10 10
Marge brute 35% 42%
Coûts d’exploitation 2.5 2.2
Bénéfice avant impôt 1 2

Chiffres en millions de dollars canadiens

 

À première vue, l’organisation semble stable. Son chiffre d’affaires progresse modérément et sa rentabilité est positive. Cependant, une analyse financière plus approfondie révèle plusieurs inefficacités latentes :

  • segments de clientèle sous-évalués
  • Coûts élevés de la prestation de services dus à des inefficacités de processus 
  • Sous-utilisation des ressources et des capacités du personnel
  • Une mauvaise répartition des coûts masque la véritable rentabilité

En appliquant des interventions ciblées, une optimisation des prix, une restructuration des coûts et des contrôles financiers renforcés, l’organisation double efficacement son profit sans augmenter son chiffre d’affaires. C’est là l’essence même d’une gestion financière structurée : rendre visible l’invisible et transformer les connaissances en résultats financiers mesurables.

Clients, actifs et économie de la profondeur

Pour créer de la valeur, il est essentiel de passer d’une vision globale à une vision approfondie. Au lieu de se demander combien de clients compte une organisation, les dirigeants doivent s’interroger sur la valeur générée par chaque client. Au lieu de se concentrer uniquement sur l’acquisition d’actifs, ils doivent examiner leur utilisation et leur productivité. Cette perspective est de plus en plus étayée par des données empiriques. Les organisations qui analysent plus rigoureusement leurs bilans et leurs performances financières enregistrent une croissance nettement supérieure et une meilleure efficacité de leur capital (McKinsey, 2023). De même, les entreprises qui intègrent les prévisions financières et la modélisation de scénarios à leur processus décisionnel améliorent leurs résultats jusqu’à 30 % (PwC, 2022).

L’implication est claire : VLa valeur est souvent cachée à la vue de tous, imbriquée dans l’interaction entre les clients, les actifs et les systèmes financiers.

Pourquoi les organisations ratent-elles cette opportunité ?

Si cette opportunité est si importante, pourquoi est-elle si souvent négligée ? L’une des raisons réside dans les incitations organisationnelles. Les initiatives de croissance sont visibles et souvent récompensées, tandis que l’efficacité et l’optimisation sont moins tangibles. Une autre raison tient à la fragmentation des données. Les données financières, opérationnelles et clients sont souvent cloisonnées, empêchant une vision globale de la création de valeur. Mais surtout, de nombreuses organisations ne disposent pas des cadres structurés nécessaires pour transformer les données en informations exploitables. Comme le souligne… Service #atfp_close_translate_span# d’Avanguard Pour une approche efficace de la création de valeur, il est nécessaire de procéder à un examen systématique des états financiers, des indicateurs de performance, des flux de trésorerie et des structures de gouvernance, appuyé par une exécution rigoureuse.

De l’idée à l’exécution

La création de valeur n’est pas un acte ponctuel ; c’est une compétence qui se développe en continu. Elle nécessite :

  • Analyse financière continue et suivi des performances 
  • Intégration des indicateurs financiers et non financiers 
  • Des structures de gouvernance et de responsabilité solides 
  • Alignement entre stratégie, opérations et gestion financière 

Les organisations qui développent ces capacités sont mieux placées pour faire face à l’incertitude, optimiser l’allocation des ressources et maintenir une performance à long terme.

Conclusion : La nouvelle mentalité de croissance

Dans un contexte d’incertitude économique et de complexité croissante, le modèle traditionnel de croissance par expansion perd de sa fiabilité. Si les opportunités externes peuvent fluctuer, la valeur interne demeure constante, pourvu qu’elle puisse être identifiée et exploitée. Les organisations les plus visionnaires redéfinissent donc la croissance. Elles passent de l’expansion à l’optimisation, du volume à la valeur, et de la visibilité à la compréhension. Avant-garde,Notre expérience montre constamment que les plus grandes opportunités de création de valeur ne se trouvent pas toujours sur de nouveaux marchés, mais au sein des systèmes, des clients et des actifs que les organisations possèdent déjà. Le défi n’est pas de créer de la valeur à partir de rien, mais de la percevoir clairement, de la quantifier rigoureusement et de la capter systématiquement.

Références

    • Carney, M. (2020) Valeur(s) : Bâtir un monde meilleur pour tous. Londres : William Collins.
    • Harvard Business Review (2018) Études de performance en matière d’allocation de capital et d’évaluation des investissements. Disponible à l’adresse suivante : https://hbr.org</span></span>

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    • OCDE (2022) Perspectives de financement des PME. Paris : Organisation de coopération et de développement économiques. Disponible à l’adresse : https://www.oecd.org</span></span>

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